ART NOW
3 expositions à ne pas manquer cet été.
La Fondation Louis Vuitton marque un double anniversaire avec cette rétrospective : les cent ans de l’arrivée d’Alexander Calder en France et les cinquante ans de sa disparition. Près de 300 œuvres sont réunies sur plus de 3 000 m², dans un parcours chronologique qui embrasse un demi-siècle de création: mobiles, stabiles, portraits en fil de fer, sculptures en bois, peintures, dessins et bijoux. Le célèbre Cirque Calder, prêté par le Whitney Museum, constitue l’un des temps forts du parcours. L’accrochage tire un parti remarquable du lieu. Flottant dans les volumes imaginés par Frank Gehry, les mobiles transforment l’exposition en véritable chorégraphie. Pour la première fois de son histoire, la Fondation consacre l’intégralité de ses espaces ainsi que sa pelouse à un seul artiste. Une trentaine de photographies signées Henri Cartier-Bresson, Man Ray, Irving Penn ou Agnès Varda complètent le parcours, saisissant l’artiste entre l’atelier et la scène.
Une exposition photo touchante, née de la rencontre entre deux regards complémentaires : celui de Nikos Aliagas, photographe, et celui de Samuel Pavard, biodémographe et spécialiste du vieillissement. Le résultat est une proposition rare, à mi-chemin entre art et science. Dans un noir et blanc puissant et contrasté, Nikos Aliagas photographie depuis des années les visages du temps qui passe : la Grèce, l’enfance, la vieillesse, l’après-guerre, les travailleurs de la terre, les artisans, les chauffeurs de taxi rencontrés à la Havane… Chaque photographie s’accompagne d’une anecdote, décrochant parfois un rire, parfois des larmes tant le sujet est universel et rappelle à chacun ses aînés. Trois volets structurent le parcours : l’histoire naturelle de la vieillesse, sa réalité contemporaine, et les perspectives d’avenir. L’exposition interroge notre rapport au temps, la place accordée aux personnes âgées dans nos sociétés, et les liens tissés entre générations. Pour Nikos, parler de la vieillesse est aujourd’hui un acte de résistance, dans une époque obsédée par la jeunesse et la performance.
Le parcours s’articule autour d’une dizaine d’îlots thématiques, qui envisagent la frontière sous toutes ses formes : zone de tri et de contrôle, espace de ressources ou d’inégalités, territoire de coopération, de conflit ou de refuge. La tristement célèbre frontière américano-mexicaine ouvre le voyage, présentée par un vidéo-mapping sur maquette : longue de plus de 3 000 km, traversée par des flux économiques colossaux mais sélective aux personnes. Le parcours emmène ensuite le visiteur en Amérique du Sud, au Sahel, en Europe et bien au-delà. Un focus sur les frontières insolites mérite une attention particulière : le Bir Tawil, territoire entre l’Égypte et le Soudan que personne ne veut revendiquer, l’île des Faisans entre la France et l’Espagne qui change de souveraineté tous les six mois, ou encore la commune de Baarle, enchevêtrement d’enclaves belges et néerlandaises. La visite s’achève par un film de 23 minutes, conçu comme une pièce en huit actes, qui relie les fragments du parcours et invite à une dernière mise en perspective.
ET AUSSI…

GIANNI VERSACE RÉTROSPECTIVE
Musée Maillol, Paris
Du 5 juin au 6 septembre 2026

MONET AU HAVRE
Musée d’art moderne André Malraux, Le Havre
Du 5 juin au 27 septembre 2026

SEA, POP & SUN
Villa Carmignac, Porquerolles
Du 25 avril au 1er novembre 2026
