TAYC
28 février 2021
OFIVE : Quel est ton bilan après la sortie de cet album « Fleur froide » ?
Tayc : Il est très positif. On est contents, on a fait des chiffres corrects malgré le contexte actuel. Le public s’adapte petit à petit à mon style musical. Il y a de très légères frustrations par rapport à des collaborations que je n’ai pas eu le temps de faire. La plus grosse frustration reste le fait de ne pas pouvoir tourner pour défendre l’album.
OFIVE : La géniale collaboration avec Christine and the Queens semble rendre hommage à l’univers musical de Michael Jackson…
Tayc : L’inspiration est évidente même si nous n’y avons pas forcément pensé en créant le morceau. En invitant Chris, tu t’adaptes forcément à sa « sauce MJ » (rires). J’ai également grandi avec Michael donc la prod + Chris + mes inspirations, ça donne ça !
OFIVE : De plus en plus de rappeurs se mettent à chanter sur des prods parfois similaires aux tiennes. Pour toi, où se situe la frontière entre un chanteur de R&B et un rappeur qui chante ?
Tayc : Au niveau de la qualité, de la technique vocale. Un chanteur va davantage pousser sa voix. Egalement dans le choix des mots. Aujourd’hui, c’est vrai qu’il y a très peu de distance entre les chanteurs R&B et les rappeurs qui chantent. Grâce aux logiciels, tu peux très bien proposer quelque chose de chanté sans même savoir chanter. Il faut être du métier pour bien reconnaître les styles de voix, celles autotunées ou non par exemple.
OFIVE : Envies-tu parfois les morceaux des autres ?
Tayc : Il m’arrive d’écouter des morceaux et de me dire « j’aurais plié cette prod ». Par exemple, quand j’étais au Cameroun, j’écoutais beaucoup le morceau de WizKid avec Terri.
OFIVE : As-tu des secrets pour préserver ta voix ?
Tayc : Beaucoup de studio pour muscler la voix, ne pas trop crier au quotidien, surtout avant les concerts.
OFIVE : Si tu pouvais faire une tournée commune avec deux autres chanteurs R&B ?
Tayc : Monsieur Nov et Usher.
OFIVE : Les personnes qui se moquent de tes paroles ou de ton acting dans les clips ne se prennent-elles pas un peu trop au sérieux ?
Tayc : A part certains tweets ou commentaires, je ne ressens pas vraiment les critiques négatives sur mes textes. Tôt ou tard, les gens se reconnaissent dans mes paroles, même si elles paraissent trash, les gens vont dire « ok, mais c’est pas faux ce qu’il raconte. » Tout est plus beau en musique. Une phrase dite n’est pas la même une fois chantée.
OFIVE : Un clip chorégraphié par Usher ou Chris Brown ?
Tayc : Usher, il sait se mettre en valeur en tant que chanteur qui danse. Chris Brown se fond trop parmi ses danseurs quand Usher sait rappeler qu’il est la star, avec une certaine nonchalance dans ses mouvements. Il fait la même chorégraphie que les 5 mecs derrière et même s’ils sont tous habillés pareil, tu sais direct où est Usher. Je trouve Usher plus charismatique.
OFIVE : Un souvenir de fan(s) qui t’a marqué ?
Tayc : Je donnais un showcase (même pas un concert) à Lyon. Deux fans sont venues exprès depuis Paris. De 3h à 10h du matin, elles sont restées devant notre hôtel. Pendant tout ce temps je dormais alors qu’elles étaient à la réception. Les standardistes m’ont alerté, j’étais un peu sceptique avant de descendre mais a priori, ces deux jeunes filles avaient l’air gentilles. Effectivement, elles avaient apporté des survêtements Nike en cadeau pour toute mon équipe (7 au total), des éditions limitées à 300€ la pièce. Elles ont déjeuné avec nous par la suite et je les recroise sur absolument toutes mes dates.
OFIVE : Si la fin du monde est annoncée pour demain, que manges-tu ce soir ?
Tayc : Un bon Ndolé avec des bobolo.
OFIVE : Ton prochain voyage ?
Tayc : Le Ghana, pour bosser, faire du son. On prépare déjà la suite. On a prévu de se connecter avec WizKid et Burna Boy.
OFIVE : Quel clip as-tu préféré faire ?
Tayc : « Aloviou », c’était bien évidemment pas un kiff personnel, mais c’était très beau à faire. L’actrice était directement concernée par le texte et le scénario du clip. Elle a beaucoup pleuré pendant la préparation de la vidéo car elle a été victime de cela durant 5 ans, il a fallu la laisser récupérer à plusieurs reprises durant le tournage. Le cri qu’elle pousse dans le clip a glacé le sang de toute l’équipe, c’était authentique. J’ai beaucoup appris de ça.
OFIVE : Dans quel état d’esprit es-tu avec l’annulation des concerts et festivals ?
Tayc : Je suis très attristé, ça joue beaucoup sur mon moral. C’est très compliqué, on est dans le fictif, le non palpable. On ne peut qu’espérer. On imagine des concepts qui seront sûrement annulés, c’est chiant. Même novembre 2021 j’y crois pas.
OFIVE : Tu voulais ressembler à qui quand tu étais petit ?
Tayc : J’ai jamais vraiment eu de modèle. Je voulais juste compter parmi les Usher, les Chris Brown. Je rêvais d’être un petit des Etats-Unis. J’adorais les films américains, le basket. Quand je vivais dans le Delaware avec mes tantes, on écoutait que du Usher.
OFIVE : Aimerais-tu profiter de ta notoriété grandissante pour t’investir dans une association caritative ?
Tayc : Bien sûr. Je m’imagine mal dire non si je peux faire en sorte que d’autres personnes vivent mieux grâce à moi. J’ai que 24 ans, j’attends de grandir encore pour ne rien faire à la légère. J’étais au Cameroun, j’ai pris connaissance de ce qui se passe chez moi, sur le terrain. Beaucoup de personnes disent vouloir aider leur pays sans même y aller. Je n’ai pas envie d’être inutile, de faire les choses vite sans personnes de confiance autour.
