L’ART DE L’INATTENDU

OFIVE pose son regard sur cinq créations singulières, impossibles à oublier. Au-delà de leur esthétique, chacune raconte une histoire, révèle une vision et ouvre un dialogue entre l’art, le design, la mode et l’architecture.

Alexandre Arrechea

Orange Functional

À Toronto, le basketball pousse littéralement dans les arbres. Avec « Orange Functional », l’artiste cubain Alexandre Arrechea transforme un équipement sportif familier en sculpture monumentale : une structure en acier rouge dont les branches se terminent par plus de vingt paniers, installée à l’entrée du Biidaasige Park dans le cadre du Lassonde Art Trail.

Certains sont à hauteur de tir, d’autres beaucoup plus haut, invitant les visiteurs à apporter leur ballon et à jouer avec une installation qui détourne les règles habituelles du basketball. Le projet naît en 2010 avant qu’une version véritablement fonctionnelle ne voie le jour en 2022. Ici, les paniers se multiplient jusqu’à brouiller les repères du jeu, tandis que les ballons qui circulent entre les branches évoquent les fruits d’un arbre aussi graphique que ludique.

Jeff koons x Hublot

Après avoir envahi les musées, jardins et autres espaces publics, le Balloon Dog de Jeff Koons s’invite au poignet. Imaginée avec Hublot, cette nouvelle Classic Fusion reprend les codes de la sculpture dans une montre de 42 mm aux volumes tout en rondeur. Boîtier, cadran, couronne et même le contrepoids de l’aiguille des secondes jouent avec l’idée du ballon gonflé, jusqu’à faire de chaque détail un clin d’œil à l’œuvre originale. Déclinée en trois couleurs et limitée à 200 exemplaires par version, la pièce transforme un objet pop devenu iconique en accessoire de précision.

Céleste Boursier-Mougenot

« Clinamen »

À Athènes, la musique flotte à la surface de l’eau. Après avoir ébloui la Bourse de Commerce – Pinault Collection à Paris en 2025, « Clinamen » de Céleste Boursier-Mougenot s’installe à l’Onassis Mandra jusqu’au 5 décembre 2026, pour sa première présentation en extérieur. Dans trois bassins, des centaines de bols en porcelaine blanche dérivent au gré des mouvements de l’eau, se rapprochent et se heurtent doucement, composant une partition sonore toujours différente, sans musicien ni véritable scénario. Une œuvre que l’artiste développe depuis 1997 et qui se réinvente à chaque nouvelle adresse. À Athènes, le vent, la lumière, la pluie et les bruits de la ville s’invitent à leur tour dans cette partition en mouvement.

Yves Saint Laurent

Défilé Printemps/Eté 2027–Trocadéro

Au Trocadéro, les lustres quittent la salle de bal pour prendre une dimension monumentale. Après plusieurs semaines d’installation observée par les passants, trois immenses chandeliers dorés ont pris place au-dessus du podium du défilé Saint Laurent Printemps-Été 2027. Imaginés par Anthony Vaccarello et Bureau Betak, ils évoquent un fragment de ballroom parisien déplacé à ciel ouvert, face à la Tour Eiffel.
Leur inspiration puise notamment dans les souvenirs d’Oran, ville natale d’Yves Saint Laurent, ainsi que dans les salons de l’Hôtel InterContinental, où la maison présentait autrefois ses collections haute couture dans un décor de lustres, d’or et de mises en scène théâtrales. Les trois pièces composent ainsi une architecture éphémère, transformant un élément décoratif en véritable paysage urbain.
Une façon pour Saint Laurent de faire sortir son histoire des archives et de la faire vivre autrement à travers le regard d’Anthony Vaccarello, directeur artistique de la maison depuis avril 2016.

Jiang Qiong Er

It‘s Time to Plant Love

Les pyramides deviennent le décor d’une nouvelle histoire. À Gizeh, Jiang Qiong Er imagine « It Is Time to Plant Love », une installation monumentale pensée pour se découvrir en mouvement. Du 4 au 28 novembre 2026, dans le cadre de la sixième édition de « Forever Is Now », douze figures dorées inspirées de créatures mythiques issues de différentes traditions accompagneront les visiteurs sur un parcours jusqu’aux pyramides. L’artiste franco-chinoise y développe un vocabulaire visuel inédit, nourri des hiéroglyphes égyptiens, des caractères chinois et d’anciens systèmes d’écriture. Le 4 novembre, une performance inaugurale donnera le coup d’envoi du projet, avant l’ouverture officielle de l’exposition le 7 novembre. À travers cette œuvre, Jiang Qiong Er poursuit sa recherche autour de son “Universal Art”, faisant dialoguer symboles, lumière et patrimoine dans une même vision universelle.

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